Lundi 21 mai 2007

Je suis né à Rouen... j'y ai vécu largement plus d'une trentaine d'années...

J'y ai passé du temps ces derniers jours, et je ne me lasse pas de redécouvrir les traces de mon enfance... C'est curieux comme une rue, un quartier, un lieu, une odeur parfois, sont autant d'occasions de remettre en marche la "machine mémoire", et de faire ressurgir des instants magiques du passé...

Les racines sont présentes en chacun de nous. Et même si à un moment donné (c'est mon cas), cette ville me ressortait par les yeux (pollution, circulation, sensation d'étouffement), j'y reviens maintenant toujours avec un plaisir infini.

Et puis Rouen, c'est une ville magnifique, chargée d'histoire... On fera penser "Jeanne d'Arc" aux touristes, mais pour moi Rouen, c'est surtout Corneille, Flaubert, Maupassant, et des oeuvres dans lesquelles la ville marque ses pas.

Bon, voilà, c'était mon "coup de pub" gratuit pour cette ville que j'aime, et que j'aime aussi à faire connaître... Si vous voulez vous y promener, n'hésitez pas, c'est avec plaisir que je vous servirai de guide...

 

par Jean-Michel publié dans : souvenirs d'enfance
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Mercredi 4 avril 2007

 

Il y a peu, j'ai retrouvé une lettre écrite par mon père, un beau jour de février 1994...  Elle m'a fait souvent sourire par son style, mélange de sérieux, d'humour, de révolte, de causticité... Les mots d'un écorché vif qui gardait tout en lui...

Si vous avez la patience de lire jusqu'au bout, je suis sur que vous passerez un bon moment, et que vous aurez ainsi contribué à lui faire plaisir en partageant ses mots, lui qui certainement, aurait beaucoup aimé connaître Internet...

"Un jour, j’avais pensé me divertir et servir une bonne cause en traitant d’autre chose que des événements qui occupent les pages des medias et les écrans de télé à longueur d’année : la guerre, la bouffe, le sexe, surtout la fête et les vacances, et pas le chômage car il s’agit d’une chose trop sérieuse.

 

            Alors j’en suis revenu au domaine scolaire qui concerne à la fois public et privé et a trait à la langue française dont on parle tant quand il s’agit d’exception culturelle.

 

            Je suis donc revenu sur la réforme de l’orthographe lancée courant 1990 dont les modifications avaient été publiées au Journal Officiel fin 1990 et qui devaient entrer en vigueur à la rentrée 1991.

 

            Cette réforme n’ayant jamais été appliquée et étant restée lettre morte, on peut en reparler aujourd’hui, sans risque je crois de ne froisser personne.

 

            En fait, et si mes souvenirs sont exacts, il s’agissait de la suppression des accents circonflexes sur les i et sur les u, de la soudure des mots composés, de la rectification de leurs pluriels, de la correction de certaines anomalies, de nouvelles règles pour l’accent grave, le tréma, les verbes en « eler » et « eter », l’accord du participe passé, mais toujours avec un certain nombre d’exceptions.

 

            S’agissant de remplacer certaines règles par d’autres, avec toujours des exceptions, ce n’était pas à mon avis une réforme, mais l’introduction de nouvelles complications s’ajoutant à celles qui existent déjà.

 

            J’avais pensé que réforme allait avec simplification bien qu’on dise toujours que l’exception confirme la règle. Je m’étais donc trompé et dans ces conditions, pourquoi ne pas conserver ce qui existait de façon à ce qu’il n’y ait pas deux façons d’écrire, l’une pour les jeunes, l’autre pour les plus âgés, puisqu’il était aussi prévu que provisoirement on garderait les deux.

 

            Quand on voit les difficultés qu’ont eu nos anciens à s’habituer aux nouveaux francs qui ont maintenant plus de trente ans d’existence, on peut se demander si ce provisoire ne deviendrait pas définitif. On a d’ailleurs abandonné cette tentative de réforme qui malgré les textes officiels n’a jamais été mise en application.

 

 

            Alors, j’ai essayé à mon tour de concocter une réforme en cherchant s’il était possible en modifiant certaines règles de grammaire d’arriver à les rendre plus simples et non assorties d’exceptions.

 

            J’ai choisi le pluriel des noms avec une règle qui me paraissait inattaquable : tout nom au singulier prend un S au pluriel.

 

Exemples : une chaise, des chaises – une villa, des villas – un crayon, des crayons – un poulet, des poulets.

 

Alors plus d’exception pour les noms en « ou » : bijou, caillou, chou, genou , etc… un « S » au pluriel, comme trou, coucou, filou…

 

Plus d’exceptions pour les noms en « al » : cheval, canal, métal, un « S » au pluriel, comme bal, chacal, carnaval ou festival.

 

Même règle pour les noms en « ail » : émail, soupirail, vitrail, un « S » au pluriel comme bétail, détail, ou sérail.

 

Aucune exception pour les noms en « au – eau – eu – oeu » : berceau, tuyau, noyau, un « S » au pluriel comme landau ou sarrau.

 

Cheveu, jeu ou vœu, un « S » au pluriel comme bleu par exemple.

 

            Tout me semblait facile, trop facile même, et je commençais à sourire quand sont apparues les difficultés.

 

Certains noms ayant déjà un S au singulier, comment faire ?

 

Un tapis, des tapis – une souris, des souris… On laisse tels quels, ou on met deux « S » ?

 

Même problème avec les terminaisons en « X » ou « Z ».

 

Un prix, des prix – un gaz, des gaz : un « S » ou pas ?

 

Et plus fort encore, quand il y a deux S ou deux Z : un mess d’officiers, un orchestre de jazz.

 

Heureusement qu’il existe des noms qui ne s’emploient qu’au pluriel et qui ne posent pas de problèmes, comme : mœurs, décombres, ténèbres, funérailles, frais, alentours, confins, aguets, etc…

 

Mais il existe aussi ceux qui ont un ou des pluriels différents.

 

Un aïeul, des aïeux.

 

Mais encore : un ciel de lit, des ciels de lits – un ciel plein d’étoiles, des cieux plein d’étoiles – un œil de bœuf, des oeils de bœuf – un œil de poupée, des yeux de poupée.

 

            Il me restait à passer en revue, les noms propres, les noms latins, les noms étrangers et bien entendu les noms composés…

 

            Je n’en ai pas eu le courage. Alors j’ai conclu qu’il ne fallait rien changer si on ne voulait pas compliquer l’existence de tout le monde et sans vouloir me retrancher derrière l’exception culturelle supposée faire de la langue française la plus belle du monde, mais aussi l’une des plus difficiles, j’ai tiré un trait définitif avec la réforme de l’orthographe.

 

 

            Vous me direz : et le calcul ? N’y aurait-il pas de réformes à faire ? Je vous répondrai : dans ce domaine pas d’hésitations : 1994 moins 1919, ça fera toujours 75 dans tous les pays du monde.

 

 

            En écrivant ces quelques lignes sans prétention, je n’ai eu qu’un but, vous rappeler le bon vieux temps de l’école primaire et vous faire sourire quelquefois.

 

            Si j’ai réussi, alors mon but est atteint."

 

 

par Jean-Michel publié dans : souvenirs d'enfance
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